De la photo aux fils DMC, tout le trajet : ce qu'est vraiment une grille de point de croix, quels réglages choisir, et ce qu'il faut acheter. Une minute de travail, quelques soirées de broderie.
Une grille de point de croix est un quadrillage où chaque case dit quelle couleur de fil y mettre. Transformer une photo en grille demande deux décisions, quelle taille et combien de couleurs, puis de lire le résultat. Cette page passe par les deux, et par les réglages qui valent le détour ensuite.
Un point de croix, c'est un petit X brodé dans une case de la toile. Une grille, c'est leur plan : un quadrillage où chaque case porte une couleur et un symbole, et vous brodez case par case. Rien d'autre ne tient le motif : il vit entièrement dans le comptage.
Convertir une photo demande donc deux réductions. D'abord l'image descend jusqu'à ce quadrillage, ce qui est brutal : 60 cases de large, c'est 60 pixels d'information. Ensuite chaque couleur qui a survécu est remplacée par le fil DMC réel le plus proche, une référence numérotée qui s'achète en mercerie. C'est cette seconde étape que les brodeuses anglophones appellent « image to DMC cross stitch », et c'est elle qui rend le résultat brodable plutôt que simplement pixellisé.
Ce n'est pas un filtre pixel art, et la différence compte une fois l'aiguille en main. Un filtre invente les couleurs qu'il veut ; ici chaque couleur doit exister en écheveau, porter un numéro et se trouver en boutique. Cette contrainte est tout le métier, et c'est pourquoi deux grilles de la même photo avec deux nombres de fils différents donnent deux images différentes.
Le convertisseur fait les deux réductions pour vous et rend une grille imprimable : le quadrillage, les traits de comptage tous les dix points, et la liste des références DMC avec le nombre de points que prend chacune, qui sert aussi de liste de courses.
Une grille est une image en très basse résolution : 60 points de large, c'est 60 pixels d'information. Ce qui survit à ça : un sujet net, du contraste, et peu de fond, comme un animal devant un mur, une fleur, un objet seul. Ce qui n'y survit pas : une scène chargée, un visage lointain, une texture fine. Si vous avez le choix, prenez celle où le sujet remplit le cadre.
Elle décide du détail et de la taille finie en même temps. 40 points, c'est un petit motif ; 60 à 90 est la plage habituelle pour quelque chose de reconnaissable ; au-delà de 150 vous vous engagez sur des mois. Divisez par le compte de votre toile pour la taille : 80 points sur de l'aida 14 fils font environ 14,5 cm.
Huit à quinze convient à la plupart des photos. Moins est plus franc, plus rapide et souvent plus joli ; plus garde le détail au prix d'un changement de fil tous les quelques points. Le compteur indique combien de points prend chaque couleur, ce qui est la mesure honnête du travail auquel vous venez de dire oui.
Tournez l'image si elle sort d'un téléphone tenu de travers. Relevez l'éclat si le résultat paraît délavé à côté de la photo, car le fil est plus saturé qu'un écran. Retirez le fond si vous voulez le sujet sur la toile nue. Chaque changement redessine la grille aussitôt : vous jugez au lieu d'imaginer.
Touchez un fil dans la liste pour voir exactement quels points il couvre, et servez-vous de la roue à côté pour choisir une autre nuance dans toute la gamme DMC. Ça vaut le coup pour les carnations et pour les ciels, où la correspondance la plus proche en chiffres n'est pas toujours celle qui rend bien.
Le PNG contient le quadrillage, les traits de comptage et la liste des fils avec un nombre de points par couleur. Un écheveau de coton mouliné couvre environ 1 500 points à deux brins sur du 14 fils : les comptes vous disent donc quoi acheter. Imprimez aussi grand que votre imprimante le permet : vous allez compter des cases dessus un bon moment.
Commencez par le milieu et travaillez vers l'extérieur : une erreur de comptage ne pourra pas pousser le motif hors de la toile. Deux brins sur de l'aida 14 fils est le choix habituel. Croisez tous les points dans le même sens, le bras du dessus toujours dans la même direction, et la surface finie accroche la lumière régulièrement.
La galerie tient deux listes. Les grilles sont des modèles faits ici, classés par sujet, et n'importe laquelle se reprend gratuitement avec sa liste de fils. Les broderies sont des photos de vrais ouvrages, postées par celles et ceux qui les ont brodés, depuis des grilles d'ici comme depuis des modèles trouvés ailleurs. Une grille déjà brodée porte un lien vers les ouvrages qui en sont sortis : la même grille, sur la toile de quelqu'un d'autre, dans ses fils et son cadre. C'est l'aperçu le plus honnête qui soit, et le meilleur endroit pour deviner ce que devient une photo une fois au tambour.
Ça ne coûte rien et il faut une minute pour voir si votre image fonctionne.